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Winter 2008
On the turntables in Montpellier :
Mansfield TYA : "Je ne rêve plus" from forthcoming album Seules au bout de 23 secondes ( Vicious Circle)
Je Suis Animal : Self-Taught Magic From A Book (Angular).
Vale Poher : Tauten (Self Released limited edition).
Laetitia Sherrif : Games Over (Fargo).
Gina Young : 3AM Voice (Autoproduction).
On the turntables in Oslo :
Portishead : Third (Island).
H.O.F. + Lydia Lunch : When I'm Looaded (Amphetamine Reptile).
Gudrun Gut : I Put A Record On (Monika Enterprise).
C.Y.S.L.A.B.F. (KRS).
V/A : Four Women No Cry (Monika Enterprise).
Myra Davies : Cities & Girls (Moabit Music).
On the turntables in Paulhan :
Oasis : Dig Out Your Soul (Big Brother).
Subway : L’Intranquille (MVS Records).
Francoiz Breut : A l’aveuglette (T Rec).
Shannon Wright : Let In The Light (Vicious Circle).
Snow Patrol : A Hundred Million Suns (Geffen).
bonus :Treasure Tones http://www.myspace.com/treasuretones
What Babes in Boyland wrote about you.......
.SHANNON WRIGHT : Let In The Light (Discograph, Vicious Circle). Avril 07.
Voilà près d’un an et demi que « Let In The Light » est sorti, mais il fallait bien tout ce temps pour mesurer l’intensité de cet album. Je profite donc de l’actualité de la réédition chez Discograph, le 17 novembre 2008, d’un coffret rassemblant Flightsafety (originellement sorti en 1999) et l’album qu’elle a co-écrit avec Yann Tiersen en 2004, pour chroniquer le dernier travail en solo qu’elle nous a livré en avril 2007.
Dès les premiers accords de piano, Shannon Wright donne le ton et nous entraine dans un univers musical à part. On l ‘a souvent comparée à PJ Harvey. Pourquoi pas… Sans doute en raison de l’omniprésence du piano et d‘une voix attachante qui danse sur des mélodies graves, parfois presque solennelles. Pas d’arrangements superflus dans cet album… du brut… du viscéral… elle nous livre ses notes comme l’on confie ses états d’âmes, sans concession.
« Defy This Love » ouvre le bal et captive dès les premièrs accords. Une intro presque classique, des notes pesantes accentuées par le pas lourd de la batterie et l’inquiétante guitare saturée. Et l’on plonge dans 36 minutes d’émotion à l’état pur. « St Pete » déboule comme une volée de cloches un dimanche matin pour laisser place à la valse aux relents Tiersenniens de « You Baffle me ». Peut-être pour nous rappeler que les deux artistes ont collaboré le temps d’un album en 2004. Shannon reprend sa guitare, l’intro de « When The Light Shone Down », sublime moment de grâce, apaise avant le martellement carré de « Don’t You Doubt Me ». Plus aucun doute n’est possible, non ! Nous ne doutons plus du talent de Shannon Wright ! Moment de répit le temps de « In The Morning », morceau à mon sens le plus « faible » de l’opus pour atteindre l’apothéose de « Steadfast And True », et là on frôle la perfection… « Everything must come to an end » nous disent les paroles de « They’ll Kill The Actor In The End » et l’on a peine à laisser retomber l’émotion et lâcher ce disque. La douce mélancolie de « Louise » et le flamboyant « Everybody’s Got Their Own Part To Play » referme ce voyage immobile dans l’univers de cet artiste.
Presque 10 années après la séparation de Crowsdell, groupe dont elle était la front woman, après 5 albums solo, « Let In The Light » s’impose comme le disque de la maturité. Enregistré à Atlanta avec Adam Baker à la réalisation, cet album transporte et fascine. Shannon Wright joue avec la palette de nos émotions en nous offrant une musique profonde et mélancolique mais sans jamais tomber dans le piège d’un pathos ennuyeux. En « laissant entrer la lumière », c’est notre propre sensibilité qu’elle illumine et il n’y a qu’à la voir sur scène pour se rendre vite compte du rayonnement de sa musique…..Aleks
.FRANCOIZ BREUT : A l’aveuglette (T-Rec). Nov 08.
Artiste multi-talent, Françoiz Breut revient en cet automne 2008 avec un nouvel album : « A l’aveuglette ». La sortie de cet album coïncide avec la sortie du dernier livre qu’elle a illustré, « Le jour où j’ai trouvé une vache assise dans mon frigo » (Sarbacane). Le décor est planté ! Si vous cherchez des ambiances chaudes et ensoleillées, passez votre chemin… cet album n’est pas pour vous!
On y pénètre par « La conciergerie », morceau instrumental qui soulève le voile derrière lequel l’on observe un paysage glacé et cristallin. Nombres de morceaux sont baignés de ces ambiances sombres, froides et mystérieuses. « Terre d’ombre » a des allures de départ vers une terre lointaine, inexplorée et empreinte d’une beauté mélancolique. On traverse « Dunkerque » au rythme effréné de la machine et l’on pense instantanément à la ville basse du Métropolis de Fritz Lang. On croise le spectre amer d’un « Nébuleux bonhomme » et l’atypique « Herr Rolf ». On avance « A l’aveuglette » et l’on commence à percevoir les premières lueurs, la légèreté par delà la pesante atmosphère. On se réchauffe un instant au violon de Carla et à la voix vibrante de Julia du duo nantais de Mansfield Tya sur « L’étincelle ou la contrainte du feu ». Force est de constater que la plume de Francoiz Breut est surprenante, elle nous livre des textes joliment écrits. Il y a l’habile métaphore de « De fil en aiguille », et le magnifique « 2013 », tendre message d’une mère à son fils qui aura 16 ans à cette date.
Françoiz Breut retranscrit en mots et en musique cet univers qu’elle couche d’habitude sur le papier, un univers déroutant et attachant. On se reconnaît aussi parfois au détour de l’une de ces histoires simples d’amour blessé. Elle dont le nom a longtemps été associé à Dominique A, continue son chemin, entourée de Boris Gronemberger (guitare et batterie) et de Luc Rambo (claviers et vibraphone). « A l’aveuglette » est un album réussi, subtil mélange de poésie, de rêve et de froide réalité porté par la voix suave et veloutée d’une artiste qui n’a pas fini de nous surprendre. Aleks.
.SUBWAY : L’intranquille (MVS Records). Octobre 2007
J’ai tourné ma page dans tous les sens, j’ai changé le stylo, vidé l’ordi pour mettre les idées au clair, fait de l’espace, mis un joli paysage du Causse de Sauveterre en fond d’écran juste pour offrir l’infini de ce tableau à cet album que j’écoute en boucle … Oui, je veux l’écrire cette chronique… mais rien à faire ! Aucun mot ne vient. C’est le vide, j’écris puis j’efface… Et il y a plusieurs jours que ça dure ! Mais comment voulez-vous écrire sur un disque que vous n’avez même pas le temps de replacer sur l’étagère, justement parce qu’il tourne en boucle et que l’on tourne avec lui! … En bourrique oui ! Mais qu’est ce que vous avez mis dans ce disque les filles ? Des messages subliminaux ? Un nouveau procédé addictif ? M’avez vous droguée à l’insu de mon plein gré ?
Alors la chronique j’y reviens, faut que j’écrive quelque chose… et tant qu’à faire un truc intelligent. J’ai envie de partager ce coup de cœur, envie que tout le monde écoute Subway. Crier simplement à qui veut l’entendre que Subway est le meilleur groupe de rock français ! Et toc ! N’en déplaise ! Et l’Intranquille, le meilleur album de 2007 et même 2008 dans la foulée… Mais comment voulez vous écrire sur Subway alors que des Benjamin Peurey et autre pointures virtuoses des mots ont déjà encensé cet album… c’est tout simplement impossible ! La barre est trop haute… J’aurai voulu vous parler de la qualité des textes d’Amandine, de sa voix et de toute l’émotion écorchée vive qu’elle trimbale, il n’y a aucune fausse note dans tout ça ! Un rock sobre et sombre avec des textes en français. J’aurai voulu vous faire entendre ces riffs accrocheurs, enjôleurs, ces notes qui jouent et se jouent de la gamme de nos propres émotions… de ces rythmiques solides sur lesquelles les battements de notre cœur se synchronisent tout naturellement… Le voilà l’album de la maturité, un vrai travail d’orfèvre… Pour une fois j’ai juste envie de dire, laissez tomber la lecture de la chronique, ça sert à rien … Rendez vous compte par vous même et allez écouter l’album. Ca devrait être remboursé par la sécu un disque comme celui là… Mais attention, il y a des effets secondaires… vous voilà prévenus. Aleks
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