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BABES IN BOYLAND vs ATARI WOMEN
Nic Endo : Montpellier, Rockstore (11.06.1999).
Nous avons interviewé Nic Endo peu de temps avant le concert.
Les balances donnaient le ton d'un concert chargé en RDB
Hanin, l'autre élément féminin du groupe était
d'ailleurs allée se reposer les tympans en ville
entretien
avec la petite fée de la technologie Atari Teenage Riot..
Nic : Depuis 3 ans que j'ai quitté la Bavière
pour Berlin, je suis dans A.T.R. Au départ, je faisais des
trucs plutôt simples au niveau du chant (ou disons plutôt
des cris) comme au niveau du son, puis je m'y suis mise rapidement,
juste en essayant le matériel d'Alec à la maison.
Cà n'était pas vraiment des répèts,
mais de l'exploration : comment obtenir ce son de cette manip.
Bib : Tu as surtout progressé par curiosité
en fait ?
Nic : Bien sûr, c'est de la curiosité, mais
je dois dire que j'ai toujours porté un intérêt
particulier au son, surtout de ce type-là. J'ai fait un disque
de pur son japonais, YTTP, et la plupart des gens ne comprennent
pas pourquoi je fais ce genre de truc. Pour eux, ça n'est
pas de la musique parce qu'il n'y a pas la structure classique dont
on peut avoir l'habitude en Occident avec une basse, une guitare
et tout ça. Ils sont perdus devant ce qui leur apparaît
comme une anarchie sonore, un véritable capharnaum. Pourtant,
j'y trouve une structure bien précise, c'est très
organisé en fait, même si c'est une musique très
libre, je la qualifie généralement de Free Jazz.
Le premier son que j'ai obtenu du SH101 m'a donné l'impression
que j'allais enfin pouvoir faire passer, transposer mes émotions
et mes sentiments de la façon la plus directe et la plus
pure possible, au moins en ce qui me concerne. Pour Hanin, l'émotion
passe par les cris, la voix. C'est comme ça qu'elle s'exprime,
qu'elle se libère alors que je me retrouve dans cet éclatement
sonore (elle émet alors un son un peu comme prrrrrroufffff,
très grave), dans ce bruit.
Bib : Tu adoptes donc une démarche expérimentale
et spontanée.
Nic : Oui, je me sens complètement libre, je n'ai
aucun concept de base, rien n'est pré-construit. Je ne programme
rien, je n'ai recours à aucun montage ou séquences,
je branche tout et je me lance. C'est un processus très spontané
et forcément unique puisque c'est intimement lié à
un moment précis. Je ne peux pas refaire vraiment le même
bruit, c'est toujours différent d'où l'intérêt
des concerts. C'est ce que je trouve si excitant dans cette musique.
Pour Atari Teenage Riot, le son est censé représenter
le bruit des gens pris de colère ou d'excitation et c'est
ça que je tente de recréer.
Bib : Est-ce que tu dirais que la musique d'A.T.R. est
violente et agressive ou qu'elle joue plutôt un rôle
exutoire? Le mot révolution est pour le moins récurrent
dans votre discours
Nic : En fait ce qu'on fait provient directement de notre
style de vie et de ce à quoi on est confronté quotidiennement
à Berlin. Je ne pense pas qu'on pourrait faire cette musique
si on n'était pas profondément en colère et
révolté. Face aux circonstances politiques actuelles
en Allemagne, j'ai l'impression que je n'ai pas d'autre choix que
de faire de la musique. La musique est avant tout une forme d'action
et d'autodéfense, si tu vois ce que je veux dire. Dans A.T.R.,
les paroles et la musique sont intimement liées, mais la
musique peu aussi fonctionner de façon autonome. Quand tu
écoutes la musique, elle te réduit à un niveau
émotionnel intense, tu n'as pas besoin des mots vraiment,
tu sais directement de quoi il retourne, ça te prend aux
tripes. Les paroles, elles, posent les choses de façon explicite,
sans équivoque.
Bib : Quel effet ça te fais de te retrouver sur
une scène devant une foule complètement déchaînée
?
Nic : C'est trop bon !
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