babes in boyland on the air
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Helluvah via email, avril 08.

Helluvah est une jeune parsienne que nous avions reçu dans les studios de Babes in Boyland l année dernière pour une session accoustique. L occasion pour nous de la connaître un peu mieux, dans la version papier nous avons ajouté quelques questions inhérantes à la sortie de son premier album Emotion Pills disponible depuis cette semaine via son myspace avec en bonus pour les plus rapide, son premier Ep, Fall to Winter, et chez tous les bons disquaires.

 

Babes in Boyland : Avant de te lancer en solo, je crois que tu faisais partie d un groupe, pourquoi maintenant jouer seule? Vas-tu garder cette formule?
Helluvah : Ca s'est fait comme ça, j'avais un groupe quand j'étais ado, puis j'ai déménagé, je savais pas trop quoi faire, ni avec qui le faire, alors j'ai bricolé dans mon coin. En revanche, maintenant, j'envisage une formule à deux sur scène, pour "rockiser" la chose, et étoffer les morceaux, qui le sont plus sur disque.

 

Babes in Boyland : Comment gère t on la scène lorsqu'on est seule ? Est ce que le rapport aux autres est différent, sonorisateur, régisseur?
Helluvah : Je ne sais pas trop, parce que mon expérience en solo et mon expérience en groupes ne sont pas comparable, ce ne sont ni la même époque, ni la même importance, ni les mêmes endroits... Peut-être que le rapport aux autres est plus simple car ça l'est pour le sonorisateur ou le régisseur, ils n'ont qu'un son à gérer, avec une seule personne. C'est plus rapide.

 

Babes in Boyland : Comment as tu rencontré Blog Up Musique?
Helluvah :
Jérôme Freling, qui est derrière Blog Up Musique, m'a un jour contactée pour me demander de participer à sa compilation de berceuses, Have a good night, proposition que j'ai tout de suite acceptée. Il m'a trouvée parce que j'allais faire un concert avec Milkymee et Vale Poher, en septembre 2006, à qui ils avaient déjà demandé des berceuses. Il a aimé le concert puis la berceuse, et m'a proposé de sortir le disque.

 

Babes in Boyland : Tu as participé aux compilations de berceuses (2fois), est ce simplement pour promouvoir ta musique ou est ce aussi un besoin de participer à autre chose, un projet sur un thème imposé par d' autres?
Helluvah
: J'ai vu cela comme un défi musical en quelque sorte. Comment composer sur un thème imposé par d'autres? Comment composer différemment, avec d'autres sons, d'autres mots, à destination d'un public radicalement différent? C'était pour moi l'occasion de travailler différemment, et du coup, d'expérimenter le clavier pour la 2° berceuse (Song for Lucian) par exemple. Ca me permet d'élargir mes horizons. Après, évidemment que ça fait de la promo, mais à la base, ce n'est pas le but premier. Et puis c'est quand même chouette d'offrir une berceuse à des enfants !


Babes in Boyland : Tu fais partie de la programmation 2008 des Femmes s en mêlent, qu'en attends tu?
Helluvah :
Je suis absolument ravie ! Jouer à ce festival est une sorte de "légitimisation". C'est un festival qui promeut la musique indépendante faite par des femmes, avec une programmation assez pointue, et des artistes que j'aime. En faire partie apporte donc une certaine forme de reconnaissance, et puis ils m'envoient jouer à l'étranger (Berlin & Madrid), les salles sont plutôt chouettes (Maroquinerie, Laiterie, Lune des Pirates...), que demande le peuple ?!

 

Babes in Boyland : Comment s est passée ta première date à Madrid?
Helluvah :
C'est tellement absurde que c'est assez drôle. L'avion est parti en laissant l'intégralité des bagages à Paris, ce qui fait que je n'avais ni guitares, ni pédales, ni disque, de même que Katel qui avait une guitare sur deux, et aucun effet. Aller faire un concert sans instrument, c'est quand même le summum de l'absurdité ! Du coup j'ai joué avec la guitare d'un des organisateurs, le capodastre de Katel, et les effets des France Cartigny, qui nous les ont très gentiment prêtés. J'ai raconté l'histoire sur scène, le public a plutôt ri, les gens étaient sympas, et assez réceptifs. Plusieurs personnes sont venues me parler, dont un qui travaillait à l'aéroport ! C'était assez convivial. Et en plus, ça a soudé les groupes entre eux d'une certaine manière, on était dans la même galère, on jouait tous sur le même matériel ou presque, au final, on s'est bien marrés. Cela dit, j'aurais bien aimé avoir mon matériel et mes disques quand même !

 

Babes in Boyland : C'est important pour toi de jouer à l étranger?
Heluvah
: Extrêmement important. Le fait de chanter en anglais permet de se faire mieux comprendre, et puis personne ne te demande "Pourquoi tu chantes pas en français ?!!!" en sous-entendant que c'est presque honteux de ne pas chanter dans ta langue maternelle. Le chauvinisme culturel, c'est pas mon truc ! Et puis c'est génial d'aller à la rencontre d'autres personnes et d'autres cultures avec sa musique, et en même temps la musique est assez universelle. Peu m'importe la nationalité de tel ou tel groupe ou artiste et la langue dans laquelle ils ou elles chantent, si ça me plait, c'est le principal. La scène belge ou scandinave en est le meilleur exemple.

 

Babes in Boyland : Comment appréhendes tu l écriture de tes morceaux, quel en est le détonnateur ? Une musique puis un texte, l inverse?
Helluvah :
Il n'y a pas d'ordre précis. Je vais avoir une idée, ça peut être juste quelques mots, que je note. Je "brode" ensuite autour de ce thème ou de ces mots pour les paroles, tout en cherchant des idées à la guitare, ou c'est l'inverse, une "phrase" musicale, des accords qu'on cherche, des mots qu'on essaie de développer à partir de l'atmosphère musicale. Il m'arrive parfois de jouer de la guitare en regardant la télévision, parce que mon esprit est moins concentré sur la guitare, et du coup, j'essaie des choses plus librement.

 

Babes in Boyland : Quels sont les thèmes abordés par Emotion Pills? Le pitch de l' album?
Helluvah :
Je suppose que ce sont des thèmes dits universel, les relations avec les autres, amoureuses ou pas, compliquées et intenses si possible, la quête de soi, sa place au regard de la société. On trouve un aspect politique aussi, par exemple dans "It's hard to be Elvis", je dis que le sexe est politique, car je le pense, ou du moins je pense qu'il peut facilement l'être, et c'est quelque chose qui m'intéresse. Mais ce n'est pas pour autant un disque politique. Chacun-e y voit ce qu'il-elle veut. Si l'album s'appelle Emotion pills, c'est parce que je considère que ce disque est une sorte de radioscopie des différentes émotions que l'on peut ressentir. Amour, haine, peur, colère, etc... .

 

Babes in Boyland : Comment a t on l'idée d un «"Frankie goes to Bollywood"?
Helluvah :
Je ne sais plus exactement comment j'ai eu cette idée, mais c'est un mélange de Frankie goes to Hollywood, de la chanson de Madonna "Hollywood" que j'aime bien, de celles de System of a Down "Lost in Hollywood" et "Old school Hollywood", que j'adore, de la rédaction de mon mémoire de DEA sur les présidents américains et la religion, et de mon sens de l'humour inné ;-). Je trouve fascinante l'idée de changer sa vie par la religion, l'idée d'une réinsertion ou d'un sevrage de la drogue via la lecture de la Bible comme cela se fait dans certaines prisons, de voir tout à travers le prisme de la religion, une idée fort répandue aux Etats-Unis. Je suppose qu'Hollywood, en tant que symbole fort de la culture américaine, cristallisait un peu ça, et d'Hollywood à Bollywood, il n'y a qu'un pas orthographique mais pas seulement, car on y trouve aussi l'industrie du film, et de nombreuses personnes partent en Inde pour des voyages spirituels.

 

Babes in Boyland : Quelle est la raison pour laquelle tu fais de la musique ?
Helluvah :
Une envie irrépressible. Après ce qu'il y a derrière cette idée, je ne sais pas trop. Peut-être une façon de conjurer la mort en laissant une trace. Ou pas.

 

Helluvah : http://www.myspace.com/helluvah