babes in boyland on the air
babes in boyland presents

On a beaucoup pensé à la langue quand on a commencé à écrire des paroles. On voulait chanter surtout en anglais, car c'est la langue la mieux comprise sur le plan international -mais étant donné que ca n'était pas notre langue maternelle, on chante dans un genre "d'anglais international" ce qui veut dire qu'on a des accents et que ces accents changent le sens des mots, ou ajoute d'autres dimensions au sens. on chnate aussi en francais, mais je ne suis pas la seule à chanter en francais parce que c'est moi qui connais cette langue le mieux, Linda chante aussi, par exemple. Il y a aussi en morceau en francais et en bulgare parce que ca correspond parfaitement au contenu du morceau. en fait on utilise les langues comme des instruments,-tu peux en prendre une, puis une autre-, on utilise beaucoup d'instuments, nous n'avons jamais appris à jouer sur un certain nombre d'entre eux au préalable, donc on joue de ces instruments avec un accent aussi.

OvaryAction/BabesInBoyland: Vous avez sorti un e.p. précédemment, puis il y a eu ce morceau sur la compil Toxic Girl, ca faisait donc un petit moment que les morceaux étaient dans la boîte, pourquoi nous avoir fait attendre siiiii longtemps? Un mot sur le choix du label. Kitty-yo vous a contacté? Avez-vous démarché auprès d'eux? Aviez vous pensé à MrLady.. avant que ce label ne disparaisse...
Pauline: On a commencé à jouer ensemble il y a bientôt 5 ans, et c’est vrai que déjà en 2000 on avait fini quelques morceaux qui sont sur notre cd "I am disco". On a pas vraiment été pressées de les sortir sur un label, pour nous c’était important de développer notre projet dans nos communautés, où on vendait un cd avec les morceaux enregistrés dans notre salon. pendant le temps où on est restées un peu underground, il s’est passé beaucoup de choses en fait, on a appris a enregister nous-mêmes, à booker les shows, on a fait plein de connaissances intéressantes, notre projet c’est développé petit à petit et c’était je crois important pour nous de garder pas mal de contrôle sur notre production. Il y a deux ans, on a pensé que c’était le moment d’envoyer nos morceaux à un label et on a envoyé une démo à kitty-yo qui on tout de suite réagi très positivement, on a eu un bon feeling tout de suite. quelques mois après on a enregistré l’album et il est sorti en mai 2004. Une des choses qui nous a plu chez kitty-yo, c’est qu’ils voulaient vraiment nous soutenir dans ce qu’on voulait faire: par exemple pour enregistrer l’album il nous ont tout de suite dit qu’il pensaient qu’on sait exactement quel son on veut avoir, et qu’on a pas besoin de producteur. Il nous on aussi tout de suite demandé s’il y avait des journalistes avec lesquels on voulait pas travailler pour des raisons politiques et je crois que ca a été important pour nous, de savoir qu’on allait continuer à travailler comme avant, mais bénéficier de leur structure pour la distribution. (mr lady n’existait dèjà plus à ce moment là, aprés avoir tournè avec le tigre en 2002, elles nous avait dit qu’il faudrait absolument leur envoyer quelque chose, qu’elles trouvaient que ce serait super qu’on soit sur leur label, mais juste après elles ont arrêté).


OvaryAction/BabesInBoyland: 3 groupes de filles, (re)connus ou non, que tu aimes et qui ont changé la face de la musique, ou qui ont été d'une importance cruciale dans ta vie de musicienne..et en général... bon, 5 noms si tu veux
Pauline: god is my co-pilot, esg, missy eliott, the slits, the au-pairs, patti smith, salt’n pepa, yoko ono, luscious jackson, sleater-kinney, monie love, brigitte fontaine, bikini-kill, queen latifah, lizzy mercier descoux, the b-52‘s, laurie anderson,
ah c’était juste 3...

OvaryAction/BabesInBoyland: Je vous ai vu en Angleterre en octobre, vous étiez deux sur scène, qu'est il advenu de la troisième ?
Pauline: Sara a décidé de quitter le groupe pour ce concentrer sur l’université.

OvaryAction/BabesInBoyland: Ce concert était présenté à l entrée comme une manifestation anti racisme (dans le cadre du THE EUROPEAN SOCIAL guests ), le public a semblé ne pas prêter attention à votre set, comment l'avez-vous vécu? Etait-ce un challenge en tant que groupe électronique au milieu d un line up carrément rock? Ou plus une performance de filles au milieu de groupes masculins?

Pauline : C’était une manifestation assez surprenante en effet! c’était sensé être une soirée anti-raciste et je dois dire que ca m'a assez choquée qu’il y ait une presque absolue dominance blanche sur la scène et dans le public. je ne pense pas qu’il est vraiment possible de faire de la politique ainsi. Je sais pas si c’était une exception ou bien si c’est souvent comme ca en angleterre dans les millieux de gauche. alors le style de musique qui était attendu était bien sur une sorte de punk rock alternatif avec dans chaque groupe 4 ou 5 mecs qui se donnent à fond sur leur guitare. Je n’ai saisi aucun message politique de la part de ces groupes et je suis assez mitigée quand j’ai l’impression qu’on sépare la politique (les débats et manifs au sein du guests social) et la culture de cette facon là, oú la musique fait juste fonction de divertissement pour la soirée. avec nous ils ont réussi à remplir plusieurs quotas d’un coup, puisqu'on était les féministes, les queers, la musique electronique etc. dans cette atmosphère assez réactionnaire c’était pas étonnant qu’il y ait quelques types qui étaient génés par notre présence.

 


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