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Rhythm King & Her Friends in Oslo.

Interview réalisée par mail avec Pauline, de Rhythm King and Her Friends. Vue l'heure avancée et l'état (non moins avancé) des participants à l'after party lors de leur concert à Oslo, nous avons décidé qu'il valait mieux utilisé le net pour procéder à ce petit entretien. Sobre (ou presque) reposées, voici nos questions-réponses, en francais dans le texte. Toutes nos excuses aux lecteurs qui ne parlent pas la langue (=sorry to the non-french speakers), mais il paraissait moins "artificiel" d'utiliser notre langue commune. Une traduction est prévue, très bientôt, c'est promis! (Coming soon: the whole interview translated into English!)

OvaryAction/BabesInBoyland: Peux-tu nous dire comment tout a commencé dans la saga RKAHF? L'atterrissage à Berlin, tout ca...
Pauline: On s'est recontré à Berlin. Quand je suis arrivée, j'avais dans l'idée de monter un groupe et j'ai cherché des filles qui voudraient jouer avec moi. j'ai acheté la cassette d'un groupe allemand dont je n'avais jamais entendu parler: miyax, de brême -à l'époque, je ne savais même pas où brême pouvait être... Je faisais pas mal de vélo, pour découvrir la ville et j'écoutais baucoup cette cassette qui avait vraiment attiré mon attention. c'était punk rock, mais en même temps très funky, avec des mélodies et une voix très inhabituelles. J'ai finalement décidé de leur écrire, chose que je ne fais jamais, puis quelques temps après, je suis allée à l'un de leur concert à berlin, avec sara -je la connaissais déjà, et on avait même commencé à faire de la musique ensemble- et c'est la qu'on a rencontré linda, qui faisait partie du groupe, pour la première fois. on a flirté ... puis on est devenu ami et un an après que miyax ait splité, on a commencé rhythm king and her friends, linda, sara et moi. c'était en 2000. Ce qui était tout nouveau pour nous trois, c'était que comme nous étions queer toutes les trois, on voulait vraiment que notre concept reflète nos vies et notre politique. on en avait toute marre de tout le style punk rock grrrl. Je ne vaux pas dire que ca n'avait pas été important pour nous, bien au contraire, mais je pense qu'à la fin des années 90, il n'y avait rien de vraiment interessant qui s'y produisait. on voulait en garder certaines caractéristiques, comme par exemple jouer explicitely pour une audience queer ou féminine, renforcer le réseau féministe, rendre visible notre l'inspiration que nous puisions dans la pensée et l'art féministe, etc... mais on voulait aussi faire de la musique electronique. en fait, on en avait marre d'aller danser dans des clubs gays qui passait que de la musique hétéro, et d'entre rabacher des clichés comme: la musique lesbienne est uniquement basée sur la guitare et la musqie de club est faite exclusivement par des mecs hétéros, ou peut-être, à la limite, homos. On a donc voulu se réapproprier le dancefloor en faisant de la musique électronique pour ces messieurs, madames les queers.

 

OvaryAction/BabesInBoyland: Je me demande aussi comment on en arrive à ce nom: Rhythm King And Her Friends... allez, raconte!
Pauline: C’est vrai qu’il y a eu quelques détours pour arriver à ce nom... l’idée nous est venue en regardant une pochette d’un disque de blondie, ou le guitariste porte une veste rose trés chic avec un imprimé dans le dos "rhythm kings". on s’est dit qu’il existe plein de Rhythm Kings répandus sur toute la terre et que c’était le moment que ce Rhythm King ne soit plus un homme... donc on a volé la veste du Rhythm King et on lui a ajouté quelques friends, pour renforcer cette idée qu’on est pas isolées, q'on travaille dans une communauté, et qu’on a beaucoup de friends qui nous inspirent, qui organisent des choses avec nous ou qui travaillent carrément avec nous.

 

OvaryAction/BabesInBoyland: Vous considérez-vous comme un groupe politique engagé? Comme vivant votre politique plutôt que de l'expliquer?
Pauline: Oui pour nous c’est important que notre travail dans le groupe reflète notre engagement politique: que ce soit dans nos textes, dans notre facon de travailler à l’intérieur du groupe, ou dans la facon qu’on a de se représenter vers l’extérieur. je pense que ca ne suffit pas d’avoir des textes politiques: on essaie de travailler vraiment comme un collectif féministe, de répartir les connaissances, les taches et l’argent d’une facon collective. pour nous c’est important d’appartenir aussi à une scène de gauche, queer, anti-raciste et féministe (pour faire encore une et dernière fois toute la liste des –istes...!), et de jouer pour des événements à l’intÈrieur de ces différentes scènes.

 

OvaryAction/BabesInBoyland: Penses-tu faire partie d'une communauté queer, faire partie de l'évoltuion d'une histoire drag king? (Je veux parler du musical aussi bien que politique) As-tu du défendre férocement ton "boyish closet"?
Pauline: Oui on fait certainement partie d’une communauté queer au large sens du terme puisque même à berlin, je ne pourrais pas dire qu’il y a une seule scène mais plusieurs. je pense qu’on défend en quelques sorte notre boyish closet ne serait-ce que sur scène, ou dans les millieux de musique électronique le boyish closet appartient praincipalement aux musiciens (hochant la tete devant leur ordinateur portable, avec leurs cheveux rasés et lunettes si tu vois ce que je veux dire) je pense que lorsqu’on joue dans des clubs de musique electronique il y a souvent un petit effet de choc dans le public (ca nous est déjà arrivé qu’on croit qu’on des mecs au fait) ou bien que des gens dans le public interloqué(e)s se demandent entre eux: tu crois qu’elles sont lesbiennes? comme si c’est la première fois qu’ils en voyaient (des amis dans le public nous ont raconté ca...).

 

OvaryAction/BabesInBoyland: Comment vous avez écrit les morceaux de ce fabuleux I'm Disco? Avez-vous plus ou moins des règles particulières dans l'écriture, ou est-ce que cela varie? Comment décidez-vous de la langue utilisée, et de qui chante?
Pauline: On essaie de varier les règles et on n'a pas de methode particulière. c’est à chaque fois diffèrent. on essaie de toutes chanter et d’échanger les instruments aussi. je pense que ca fait aussi partie d’une démarche féministe, de pas devenir experte seulement dans un domaine, on écrit souvent les textes à plusieurs. bien sûr pour commencer c’est bien si une apporte quelques idées et qu’on travaille ensuite ensemble pour les développer. Parfois, on a une idée de texte et on essaie d'utiliser des sons et des mélodies porteuse du même sens -comme par exemple pour le morceau "copie-moi, Je veux voyager," on a utilisé un son très années 80 dans l'utilisation des synthés et dans les mélodies: on voulait refléter ce retour à la mode 80, rappeler combien l'esthétique de cette époque avait été modelé par la guerre froide, et combien nos vies-même étaient liées à cette histoire. Dans ce morceau-là, on a essayé de mettre en relation les textes et la musique pour qu'ils soient tous deux porteurs du sens.




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